Lancement de l’Institut de l’Innovation et de l’Entrepreneuriat Social

Le programme est en ligne !

A l'occasion du lancement de

l'Institut de l'Innovation et de l'Entrepreneuriat Social - I.I.E.S.

l'ESSEC vous a invité à un symposium sur le thème

« Les Nouvelles Frontières de l'Entrepreneuriat Social »

le 1 et 2 février 2010

A l'Usine - (Stade de France - métro ligne 13) le 1 février
Et sur le campus de l'ESSEC le 2 février

Le programme et les noms des intervenants sont maintenant en ligne sur www.lancement-iies.info dans la rubrique “Programme”.

Si vous ne vous êtes pas encore inscrit, n'oubliez pas que l'inscription est gratuite mais obligatoire avant le 25 janvier.
Pour vous inscrire, rendez-vous sur www.lancement-iies.info dans la rubrique “Inscription”.




Microcrédit, miracle ou désastre ? Par Esther Duflo - Le Monde - 11/01/2010

   

Le microcrédit est, sans aucun doute, l'innovation qui a fait le plus parler d'elle dans la lutte contre la pauvreté. Il y a un peu plus de trente ans, Mohammed Yunus consentait ses premiers prêts à un groupe de femmes du Bangladesh. Il y a aujourd'hui plus de 150 millions de micro-emprunteurs à travers le monde. Le programme a essaimé jusqu'aux Etats-Unis et en France. La grande majorité de ces clients n'avaient auparavant aucun accès au crédit bancaire et étaient contraints d'avoir recours aux usuriers de village, qui pratiquent des taux faramineux (en Inde, les vendeurs de légumes qui empruntent à la journée paient jusqu'à 5 % par jour, et dans les villages, des taux de 20 % par mois ne sont pas rares).

Or, presque tous doivent bien, un jour ou l'autre, avoir recours au crédit : en effet, les pauvres vivent dangereusement… Ils sont très souvent à leur compte : au Pérou, 69 % des ménages urbains les plus pauvres ont leur propre entreprise. En Inde, au Pakistan, au Nicaragua, cette proportion se situe entre 47 % et 52 % (dans les pays de l'OCDE, la proportion d'entrepreneurs n'est que de 12 %). Dans les régions rurales, la part des ménages à leur compte est encore plus importante. Le moindre choc (une mauvaise récolte, une maladie, un vol…) les laisse extrêmement vulnérables. Les filets de sécurité auxquels nous sommes habitués, Sécurité sociale, retraite et même la possibilité de déposer le bilan, n'existent pas. Epargner est difficile et dangereux : les banques ne veulent pas gérer des petites sommes et les économies laissées sous le matelas disparaissent facilement.

C'est pourquoi rares sont les pauvres qui n'ont aucune dette. Au Pakistan, 93 % des ménages les plus pauvres sont endettés, souvent à la suite d'un choc, parfois pour financer leur activité ; au Rajasthan, ils sont plus de deux tiers et en Afrique du Sud, un tiers. Alors que ces ménages avaient auparavant forcément recours à l'usurier local ou au propriétaire terrien, ils ont aujourd'hui la possibilité d'emprunter à des institutions de microfinance. Les taux d'intérêt, bien qu'élevés si nous les comparons à ceux qui sont pratiqués dans les pays développés (de 20 % à plus de 100 % par an selon les pays), sont nettement plus faibles que ceux auxquels ils étaient habitués.

Cela représente une réussite importante, dans des pays où les services à l'intention des plus pauvres, privés ou publics, brillent par leur absence. Les essais des décennies antérieures pour distribuer des crédits subventionnés par l'intermédiaire des banques nationales se sont écroulés, sous le poids des non-remboursements et de la corruption. Les institutions de microcrédits sont dirigées par des entrepreneurs qui maîtrisent parfaitement la distribution d'un service de qualité à très grande échelle : par leur dynamisme et leur capacité d'innovation, ils ont réussi là où des tentatives bien mieux financées et soutenues par des gouvernements locaux ou étrangers avaient échoué.

Mais beaucoup voient dans le microcrédit bien plus qu'un simple instrument financier. Pour eux, le microcrédit devrait favoriser une transformation en profondeur de la vie des plus pauvres. Donner cet outil financier à des familles - et souvent à des femmes, ce qui est sans doute encore plus important - leur assurerait non seulement un moyen de vivre mais une dignité, les conduirait à investir plus pour leur santé ou l'éducation et à réduire la discrimination contre les femmes et les petites filles. Certains sont allés jusqu'à suggérer qu'en accordant aux femmes l'accès à un capital, le microcrédit permettrait de lutter contre le sida…

La vision du monde de Mohammed Yunus est profondément optimiste : selon lui, chacun de nous est un entrepreneur en puissance et la seule chose séparant une femme pauvre du Bangladesh d'un directeur d'entreprise serait l'accès au capital (et peut-être à un téléphone pour savoir où vendre ses produits !). La lutte contre la pauvreté n'a pas besoin de charité : il suffit de créer les bonnes opportunités que les pauvres sauront saisir pour faire croître leur entreprise et rembourser emprunts et intérêts. Ce message est très séduisant : il semble dévoiler les clefs d'une richesse humaine cachée qu'un produit financier bien fait débloquerait. Il rejoint les conclusions de l'économiste péruvien Hernando de Soto, pour qui la barrière fondamentale à la réussite des plus pauvres est l'absence de droits de propriété sur leur maison et leurs terrains, les empêchant de capitaliser sur leur richesse. Il trouve un écho important chez les sceptiques de l'aide et du rôle des gouvernements : la clé de la fin de la pauvreté reste le marché.

Cet enthousiasme n'est pas sans susciter des retours de bâton. Certains sont sceptiques, voire hostiles. Ils considèrent les banquiers du microcrédit comme de nouveaux usuriers qui exploitent l'incapacité des plus pauvres à résister à la tentation de l'emprunt ; ils soulignent que les taux d'intérêt, souvent présentés de manière obscure, restent très élevés par rapport à ce que paient les plus riches. Ces critiques attribuent même au microcrédit les suicides de paysans surendettés, soumis à une pression indue exercée par les agents de prêts. En effet, ceux-ci, rémunérés en fonction du nombre de clients et de leur taux de remboursement, sont incités à pousser à l'emprunt d'abord, et à forcer au remboursement par tous les moyens ensuite.

Ces derniers temps, cette vision négative a gagné du terrain : on la voit s'exprimer dans de nombreux blogs et articles de presse, qui vont jusqu'à accuser le microcrédit de ruiner les économies locales. Le fait que le microcrédit soit souvent présenté comme l'alternative aux programmes de redistribution traditionnels et les profits importants réalisés par certaines des institutions ne sont certainement pas étrangers à ces critiques.

Le microcrédit, miracle ou désastre ? Malheureusement, en dépit de l'importance du débat, il n'y avait pas jusqu'à récemment d'étude rigoureuse de part ou d'autre. Partisans et adversaires se battaient à coup d'anecdotes ou d'études difficiles à interpréter, parce qu'elles comparaient des pommes et des oranges (c'est-à-dire des emprunteurs et des non-emprunteurs). Chaque camp avait beau jeu de critiquer les données imparfaites des autres.

Mais cela est en train de changer grâce au courage et à la vision de certaines institutions particulièrement novatrices : Spandana en Inde, Al Amana au Maroc, First Macro Bank aux Philippines, Compartamos au Mexique ont permis à des chercheurs (dont j'ai eu la chance de faire partie) d'évaluer rigoureusement l'impact de leurs programmes dans le cadre d'expérimentations : des personnes similaires en tous points, mais dont certaines ont eu la possibilité d'emprunter et d'autres non, sont comparées. Nous avons aujourd'hui les résultats des évaluations réalisées aux Philippines et en Inde.

Ces deux programmes sont très différents. Aux Philippines, First Macro Bank propose des emprunts à des entreprises qui existent déjà, sur une base individuelle. En Inde, Spandana utilise le modèle canonique de la Banque Grameen (l'institution créée par Mohammed Yunus): un petit emprunt solidaire, réservé à des femmes. Pourtant, les résultats concordent : dans les deux pays, les emprunteurs acquièrent plus de biens durables (télévision, réfrigérateur, etc.) pour leur foyer. Ceux qui ont une petite entreprise investissent dans celle-ci : ils acquièrent des actifs productifs (bicyclette, machine à coudre) ou augmentent leurs stocks. En Inde, un emprunt sur huit conduit à la création d'une nouvelle activité indépendante (aux Philippines, tous les emprunteurs avaient déjà une entreprise).

 

Ces études semblent donc nous dire que le microcrédit rend exactement les services attendus d'un bon produit financier : il permet à ses clients d'effectuer des achats importants, pour leur activité ou pour leur ménage, qu'ils n'auraient pas pu engager autrement.

Mais, dix-huit mois plus tard, on ne constate aucun signe d'une transformation profonde de la vie de ces familles : ni l'une ni l'autre de ces études ne démontre d'impact sur la santé, la scolarisation ou le pouvoir de décision des femmes. En revanche, contrairement aux prédictions pessimistes des sceptiques de la microfinance, on ne constate aucune frénésie de consommation irresponsable provoquée par l'argent facile : au contraire, en Inde, les familles abandonnent certaines des petites tentations de la vie courante (thé, snacks, noix de bétel, tabac) pour rembourser l'emprunt qui leur a permis d'acheter des biens durables.

Il ne s'agit bien sûr que d'effets à court terme. L'impact dans trois ans ou plus sera peut-être tout à fait différent. Les revenus supplémentaires de l'activité financeront-ils la scolarisation des enfants ? Ou bien le poids des remboursements hebdomadaires se fera-t-il sentir davantage ? Les données sont en cours de collecte.

Le monde rêve d'une recette miracle contre la pauvreté et le microcrédit était un candidat tout à fait plausible. Ces études suggèrent qu'il est temps de revenir à une description plus nuancée de ses avantages possibles. Mais reprocher au microcrédit d'être inutile ou dangereux parce qu'il ne se révèle pas être cette recette miracle n'a pas grand sens.

Laisser de côté le discours polémique a aussi l'avantage de nous inciter à dépasser un débat binaire pour remettre en question le modèle canonique du microcrédit et nous demander comment il pourrait encore mieux servir ses emprunteurs. Une des limites du microcrédit est qu'il finance essentiellement des activités à toute petite échelle, de très faible croissance, bien éloignées de l'image d'Epinal d'un Bill Gates démarrant Microsoft dans son garage : dans les rues des villes d'Inde, d'Indonésie ou du Bangladesh, on voit d'innombrables petites épiceries, vendant toute la même chose, dont les bénéfices suffisent à peine à payer un salaire minimal à leur propriétaire, en dépit des dix à douze heures de travail quotidien. Ces micro-entreprises ont beaucoup de mal à passer à la vitesse supérieure : plus de 90 % des entreprises des clients de Spandana que nous avons étudiées n'ont pas d'employé ; aucune n'en a plus de trois. Dans quelle mesure la structure même du microcrédit contribue-t-elle à cet état de chose ?

Un premier aspect est la responsabilité solidaire, marque de fabrique du microcrédit. Elle décourage la prise de risque, car les autres femmes du groupe ne veulent pas prendre le risque de devoir rembourser en cas d'échec, alors qu'en cas de succès, elles n'empocheront pas les gains supplémentaires : elles auront donc tendance à empêcher les autres membres de se lancer dans des activités risquées, mais plus rentables. Or une étude récente aux Philippines montre que le prêt solidaire n'est pas essentiel au bon remboursement : les taux de remboursements sont tout aussi élevés dans les succursales traditionnelles que dans celles où les clientes sont seulement responsables de leur propre emprunt.

Le remboursement hebdomadaire et immédiat, autre pierre angulaire du microcrédit, a lui aussi ses limites. Au Bengale-Occidental, l'organisation Village Welfare Society a permis à certaines clientes de ne commencer à rembourser que quelques semaines après avoir perçu l'argent du prêt. Cela leur a permis de faire des investissements plus ambitieux et plus rentables : par exemple, celles qui voulaient se lancer dans la vente de vêtements ont acheté une machine à coudre plutôt qu'un stock de saris à revendre. Ce niveau de risque plus élevé a, bien sûr, conduit à plus d'échecs et donc à plus de non-remboursement.

Ainsi paradoxalement, le microcrédit, par ses règles actuelles, est plus adapté à financer des activités familiales qui vivotent que de véritables entreprises créant des emplois. Mais le mouvement est en train de se renouveler : certaines institutions de microcrédit (dont Grameen Bank,) ont discrètement abandonné le prêt solidaire. Elles continuent à demander à leurs clientes de se rencontrer chaque semaine, ces réunions créant des liens sociaux forts, facilitant l'entraide en cas de crise. Mais elles ne sanctionnent plus une cliente lorsqu'un membre du groupe ne rembourse pas. Par ailleurs, des organismes comme Accion aident les institutions de microfinance à proposer à leurs meilleurs clients des produits individuels, adaptés au financement d'entreprises un peu plus importantes. D'autres groupes proposent des formations en comptabilité ou en gestion à leurs clients.

Mais le financement n'est pas la seule barrière à la croissance des micro-entreprises. Dans de nombreux cas, les clients de la microfinance sont entrepreneurs faute de mieux. A la suite de la crise asiatique par exemple, le nombre d'entreprises familiales a explosé en Thaïlande. Mais contrairement aux périodes antérieures, ces entreprises n'ont pas prospéré. Leurs propriétaires les ont abandonnées dès que la situation économique s'est améliorée et qu'ils ont pu retrouver un emploi salarié. Ces entrepreneurs forcés rêvent, pour eux et pour leurs enfants, d'un emploi stable, qui semble, lui, enclencher une vraie dynamique de transformation : sa sécurité permet d'investir dans la scolarisation des enfants, la santé ou une maison plus accueillante.

Cela ne remet bien évidemment pas en cause l'utilité du microcrédit, puisque ces emplois stables n'existent pas ou pas en assez grand nombre. Une activité, même modeste, constitue déjà un revenu essentiel. Toutefois la vision romantique d'un milliard d'entrepreneurs aux pieds nus est probablement une illusion. Savoir distinguer ceux de leurs clients qui ont réellement le goût du risque et de l'entreprise de ceux qui y sont contraints, et offrir à chacun des services adaptés est le nouveau défi de la microfinance. Parallèlement, le développement d'un vrai secteur salarial (industriel ou de service) doit rester une priorité pour une politique économique dans les pays pauvres.


Esther Duflo est économiste. 

 

 

Esther Duflo est professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et cofondatrice de la chaire Abdul LatifJameel Poverty Action Lab (J-PAL) sur la réduction de la pauvreté et le développement, elle a été, en 2009, titulaire de la chaire Savoirs contre pauvreté au Collège de France. Elle vient de publier “Le Développement humain” et “La Politique de l'autonomie” (Seuil-La République des idées, 11,50 € chaque volume).
 

Joyeux Noël

Un clip dont vous ne pourrez bientôt plus vous passer.

 

 

Ca y est vous êtes fans du chanteur je suis sûr…

IDEAL recommande le Printemps des Bonzaïs

http://www.leprintempsdesbonzais.com/




Article : “L’Equateur défie l’industrie pharmaceutique”

 Le Monde - Article de Jean-Pierre Langellier, 29/10/2009

L'Equateur vient de décider de produire ou d'importer plus de deux mille médicaments, en passant outre les brevets déposés par les multinationales pharmaceutiques. En annonçant cette décision, confirmée par un décret entré en vigueur le 23 octobre, le président équatorien, Rafael Correa, l'a justifiée, au nom de la santé publique, par la nécessité d'élargir l'accès de la population à des médicaments qui, du fait de cette mesure, seront bien meilleur marché.

Près de la moitié des 14 millions d'Equatoriens vivent sous le seuil de pauvreté. “Plus jamais de médicaments avec brevet, a promis le chef de l'Etat dans son allocution hebdomadaire radiotélévisée. Chaque fois que nous pourrons éliminer les brevets et mettre en place une licence obligatoire, nous le ferons.”

La licence obligatoire est une procédure par laquelle un Etat contraint, au nom de l'intérêt public, les propriétaires des brevets à autoriser un tiers à entrer en concurrence avec eux sur le marché, à armes égales. Pour compenser la perte des bénéfices que rapporte la fabrication exclusive des médicaments sous brevet, le pays devra verser aux entreprises lésées “une rémunération adéquate”, selon les termes de l'accord de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la propriété intellectuelle.

Cette attaque contre les brevets pharmaceutiques s'inscrit dans le processus de radicalisation de la “révolution citoyenne et pacifique”, accéléré par le président Correa après sa réélection pour un deuxième mandat, en août 2009. Partisan, à l'instar de son homologue vénézuélien Hugo Chavez, de l'instauration dans son pays d'un “socialisme du XXIe siècle”, M. Correa affirme souvent vouloir renforcer “la souveraineté nationale” contre “la voracité du capital”.

Sur ce “nouveau champ de bataille”, il dit vouloir obliger, par une politique “pionnière”, les multinationales à concéder à des entreprises nationales “la production de certains médicaments”, ajoutant : “Nous ne croyons pas aux droits de propriété néolibéraux à s'approprier jusqu'à la connaissance, qui est un bien public. Les multinationales font payer très cher les brevets. Ainsi, les gens peuvent, faute d'argent pour se traiter, mourir du cancer ou du sida. Les médicaments ne peuvent être considérés comme une marchandise.”

Quito assure que ce mécanisme de substitution des brevets par des licences, loin d'être confiscatoire, est conforme au droit international et prévu en toutes lettres par des dispositions de l'OMC, au bénéfice des pays en situation d'urgence sanitaire.

Cette politique sera mise en oeuvre par l'Institut équatorien de la propriété intellectuelle (IEPI). Son président, Andres Ycaza, a précisé que le décret présidentiel s'appliquait à 2 241 brevets déposés par 177 laboratoires pharmaceutiques.

Selon un rapport du cabinet Etudes Intercontinental Marketing Services, cité par le quotidien El Comercio, 243 entreprises pharmaceutiques opèrent en Equateur, dont 177 étrangères, sur un marché qui représente 720 millions de dollars annuels (485 millions d'euros).

Le chef de l'Etat annonce une “baisse drastique” des prix des médicaments. Reste à savoir quand et comment ? Selon Renato Carlo, responsable de l'Association des laboratoires pharmaceutiques équatoriens (ALFE), la baisse pourrait commencer à se faire sentir “dans six à douze mois”.

L'IEPI dit être prêt à concéder les licences une fois qu'il aura reçu la liste des médicaments jugés prioritaires. Les brevets à convertir en licences seraient environ au nombre de deux cents. Ils concerneraient notamment le traitement du cancer, du sida, du diabète, de l'hypertension et de plusieurs maladies moins graves et plus répandues.

Les professionnels prévoient une diminution des importations de médicaments au profit de l'industrie nationale. “Nos ventes vont diminuer, estime Edwin Lucero, administrateur de la société Farmacias Cruz Azul. Dans un premier temps, il y aura une rupture d'approvisionnement car 5 % seulement de nos stocks sont fabriqués dans les laboratoires nationaux.”

L'industrie nationale produit à peine 13 % de la totalité des médicaments consommés en Equateur. Le gouvernement se dit persuadé que celle-ci relèvera le défi qui lui est lancé car elle ne tourne actuellement qu'à 40 % de ses capacités. “Elle génère 3 000 emplois directs. Ce chiffre quintuplera, lorsqu'elle fonctionnera à plein rendement”, prédit M. Carlo.

Les professionnels du secteur sont plus sceptiques. Ils soulignent que la plupart des laboratoires se cantonnent au conditionnement des médicaments et ne disposent pas des formules chimiques. Antonio Quezada, gérant du groupe Difare souligne : “L'industrie locale n'en est pas au stade de la transformation chimique. Elle devra donc importer les principes actifs - les molécules - de certains médicaments. Ce sera un long processus.”

Jean-Pierre Langellier

Article : “L’Equateur innove avec le projet Yasuni”

 

NOVETHIC - Le média expert du développement durable

(Article de Béatrice Héraud - 29/10/2009)

L'Equateur innove avec le projet Yasuní

Alors que les négociations de l'après Kyoto entrent dans leur dernière phase avant Copenhague, l'Equateur fait un tour d'Europe pour promouvoir un projet inédit auprès des pays développés. Il s'agit pour le pays d'obtenir de leur part un cofinancement en échange de la non exploitation du pétrole de la région Yasuní, qui éviterait le rejet de 410 millions de tonnes de CO2.

Pendant que les négociations pré-Copenhague semblent s’orienter vers un accord du moins-disant, l’Equateur sillonne l’Europe pour promouvoir une solution bien plus audacieuse et qui prend corps petit à petit. Lancé il y a maintenant deux ans, le projet Yasuní ou ITT– du nom des trois forages d’exploration de la zone Ishpingo-Tambococha-Tiputini – est en effet basé sur le financement des tonnes de CO2 évitées par la non exploitation de 850 millions de barils de pétrole, ce qui correspond à près de 20 % des réserves connues du pays.

Le symbole d’un changement de cap

Pour cet Etat dont l’économie est aujourd’hui largement dépendante de l’hydrocarbure (22% du PIB et plus des 2/3 des exportations), c’est tout simplement se priver d’une manne financière de l’ordre de 7 milliards d’euros sur 13 ans environ. Mais pour l’un des initiateurs du projet, Alberto Acosta, ancien ministre de l’énergie aujourd’hui économiste et enseignant chercheur à la Flacso (Faculté latino américaine de sciences sociales), l’initiative vaut bien plus que cela car « il est impossible que le monde continue à brûler des énergies fossiles au rythme actuel ».

L’initiative est donc le symbole d’un changement de modèle de développement pour l’Equateur. Et au-delà, le pays donne un signal fort à la communauté internationale sur ce qui peut se faire en matière de lutte contre le changement climatique, explique-t-il. Avant de détailler : « le projet est multi dimensionnel. Premièrement, il permet d’éviter 410 millions de tonnes de CO2, la déforestation d’une partie de l’Amazonie et de brûler les gaz d’extraction. De plus il permet de maintenir une biodiversité réellement unique au monde (il s’agit d’une réserve mondiale de biosphère de l’Unesco, ndlr). Enfin, et c’est un point essentiel, il permet de respecter les droits humains des peuples isolés et des peuples indigènes de la région. »

Pour l’Equateur, il s’agit aussi de passer à une économie post-pétrolière, en diversifiant les sources d’énergie. « Cela est indispensable, comme nous le rappelle la crise économique. Surtout, cela est possible car nous avons des alternatives, reprend Alberto Acosta. Nous avons un potentiel hydroélectrique mais aussi solaire et géothermique. Des énergies qui sont peu développées par manque de ressources mais qui bénéficieront justement du fonds instauré pour financer le projet ». Le fonds devrait également permettre d’assurer la protection de 40 parcs nationaux et de terres habitées par les indigènes sur 40% de la surface du pays, de replanter 1 million d’hectares de forêts et de mettre en place des programmes de lutte contre la pauvreté.

Des soutiens…de principe

Mais « le financement est notre principale difficulté », reconnait Alberto Acosta pour qui l’Equateur est « le créancier d’une dette écologique ». Car pour laisser le pétrole en terre, l’Equateur qui émet aujourd’hui moins de 1% des émissions de CO2 de la planète et dont le PIB se situe au 67ème rang  mondial, a besoin de l’aide internationale, au moins à hauteur de 50 % de la somme « perdue » par la non-exploitation du pétrole. Ce financement, de  l’ordre de 350 millions de dollars par an, pourrait provenir des pays développés en raison de leur « co-responsabilité » dans le changement climatique mais aussi d’organisations ou de particuliers engagés qui alimenteraient ainsi un fonds (Fidéicomis) placé sous l’égide de l’ONU et de l’Equateur. « Il s’agit d’un prix raisonnable , calqué sur le marché de la compensation volontaire du carbone », estime Alberto Acosta.

Aujourd’hui, les soutiens de principe affluent lors des présentations du projet, comme lors de l’actuelle tournée européenne du Président Rafael Correa. L’Initiative a ainsi reçu celui des parlements européen et américain, des gouvernements français, espagnol, norvégien ou britannique ainsi que de personnalités telles que les prix Nobel Muhammad Yunus, Rigorberta Menchu ou Desmond Tutu… Cependant, seule l’Allemagne s’est pour le moment engagée sur un montant chiffré de 50 millions de dollars par an. Pour rassurer les financeurs sur la fiabilité du système , le projet devrait s’appuyer sur des « Certificats de garantie Yasuní », un document financier émis par l’Etat équatorien aux participants de l’initiative et qui garantirait le maintien des réserves de pétrole en sous-sol ad vitam aeternam, explique le site officiel du projet. (http://www.yasuni-itt.gov.ec/)

Un projet reproductible

Mais il faudra aussi tenir face à la pression de l’industrie pétrolière. « Certaines entreprises cherchent à décrédibiliser l’initiative et à faire reculer le gouvernement pour obtenir une licence d’exploitation dans le parc Yasuní », souligne Rémi Moncel, en charge du programme Energie Climat du World Resources Institute. « Mais l’initiative et le soutien que génère le projet témoigne d’une pression grandissante sur les entreprises pétrolières, pour défendre une exploitation soutenable qui ne se fasse pas aux dépens des populations locales et de la biodiversité », ajoute-t-il. 

Le projet pourrait d’ailleurs faire des émules dans d’autres pays. Les porteurs de l’initiative estiment en effet que le Brésil, la Colombie, les Philippines ou la République du Congo entre autres satisferaient aux quatre critères nécessaires au bon fonctionnement des opérations sachant qu’ils se situent dans les tropiques, qu’ils sont en développement, qu’ils abritent une riche biodiversité et qu’ils disposent de réserves de pétrole situées dans des zones à protéger.

Reste encore à convaincre la population équatorienne elle-même qui apporte jusque là un soutien mou. « La majorité est en faveur du projet mais nous devons encore faire la promotion de l’initiative », estime Alberto Acosta. Pour susciter réellement l’enthousiasme, une grande campagne nationale et internationale ironiquement intitulée « Achète un baril de pétrole ! » est actuellement en cours, notamment sur les réseaux sociaux.

Une ancienne Idéalienne reçoit le Prix Mom’preneurs !

L'association Mom'preneurs de Aufeminin.com a récompensé Aurélie Duthoit pour la création de Babyloan en tant que jeune maman. Elle a été élu mom'preneurs coup de coeur de l'année 2009. A cette occasion, LCI est venue l'interviewer dans ses bureaux. En effet, Aurélie a co-fondé Babyloan avec Arnaud Poissonnier et fait les premières réunions de travail sur le lancement de Babyloan en allaitant sa première fille, en octobre 2007. Babyloan.org a été mis en ligne le 5 septembre 2008. Un an après, le site compte plus de 4000 membres, a collecté 370 000 euros de prêts solidaires et permis de financer plus de 1300 micro-entreprises dans 6 pays en développement…et Aurélie a eu une deuxième petite fille…




Una pelicula ecuatoriana : LOS CANALLAS

La nueva película ecuatoriana Los canallas (podria ser peor), producida por Camilo Luzuriaga y realizada por los egresados de la primera promoción de INCINE (Instituto Superior Tecnologico de Cine y Actuacion) . Alegría Albán, Diego Coral López, Gonzalo Estupiñán, Jorge Alejandro Fegan, Cristina Franco, Carlos Alberto Larrea, Lider Medranda, Jaime Rojas y Nataly Valencia.

La película ecuatoriana recibo el zénith de bronce en la Competencia Mundial de Operas Primas del WORLD FILM FESTIVAL (Festival des Films du Monde) de Montreal.

De récents affrontements dans la province de Morona….

ICRA News 8 oct

Des manifestations d’indigènes contre le gouvernement de Rafael Correa fin septembre en Equateur se sont soldées par au moins deux morts selon les manifestants et 29 policiers blessés selon le gouvernement, dans la province de Morona Santiago (sud-est).

Selon la principale organisation indienne, la Confédération des nationalités indigènes (Conaie) les affrontements entre policiers et indiens, qui avaient bloqué une route de cette province, ont débouché sur la mort de deux d’entre eux, de l’éthnie Shuar. Le gouvernement n’a pas confirmé cette version.

“Nous pouvons confirmer qu’il y a 29 policiers blessés et probablement un civil mort”, a déclaré le ministre de Affaires parlementaires et de la sécurité Gustavo Jalkh.
M. Jalkh a en outre assuré que la police avait du faire “usage de la force afin de dégager les voies d’accès à la ville de Macas”, capitale de cette province.

“Le dialogue a été recherché afin que la manifestation soit suspendue ou qu’elle ait lieu de manière pacifique mais cet objectif n’a pu être atteint”. Lundi, plusieurs centaines de personnes avaient déjà bloqué avec des pierres, des troncs d’arbres et des pneus incendiés plusieurs voies de la route entre Quito et la Colombie, à l’appel de la Conaie, ex-alliée de M. Correa, qui affronte avec ce mouvement la première fronde sociale de son second mandat.

Début octobre, l’organisation avait toutefois suspendu son mouvement de protestation contre un projet gouvernemental visant, selon elle, à privatiser des réserves d’eau proches de communautés indiennes au profit de multinationales minières, en annonçant qu’elle acceptait de “dialoguer avec l’exécutif”.

Pour plus d’informations
La bilan de ces manifestations sur le site de la Conaie

CRUDE, le film… sortie très prochainement

L'histoire d'un des plus grands et des plus controversés procès dans le monde par des dizaines de milliers d'Equatoriens contre la société Chevron.

La bande-annonce :




Un Autre Regard sur le monde

Un Autre Regard sur le monde

Pensamiento del Dia

« Dans la vie, il y a deux catégories d’individus : ceux qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi. Ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et se disent : pourquoi pas ? » George-Bernard SHAW

Les auteurs, les HOMOS IDEALIENS...

Parti il y a plusieurs années, quelques mois ou encore sur le terrain aux côtés des compañeros, il se caractérise par une envie d'en savoir plus sur l'Equateur, ce petit pays méconnu d'Amérique du Sud et pourtant si riche. Vous retrouverez dans ce blog un peu de ses habitants, de sa culture, de nos expériences, de la situation politique de l'Amérique Latine, ou encore de notre vision du développement plus tout à fait la même...
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